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2008

Centre expérimental du Territoire et Labo social

Une semaine avant les élections municipales, Fred Forest, lance son projet de laboratoire d'idées pour le futur. Premier thème traité à cette occasion dans une approche esthétique, éthique, philosophique et sociale : "LE DEVELOPPEMENT DURABLE".

Communication 

Nice (FR)

2008

Centre expérimental du Territoire et Labo social

2008

Centre expérimental du Territoire et Labo social - Second Life Fred Forest

Territoire du m2 - retransmission du 28 février 2008
2008

Territoire du m2 - retransmission du 28 février 2008

Voir la vidéo : https://www.dailymotion.com/video/x4lukf

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2008

Le Territoire du mètre carré aujourd'hui tokénisé répond à l'idée de la Blokchain (Subtitled in English)

Experimental Territory Center & Social Laboratory
2008

Experimental Territory Center & Social Laboratory

Voir la vidéo : https://www.dailymotion.com/video/x4cizn

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EXPO FRED FOREST SECOND LIFE A LA GALERIE DEPARDIEU NICE
2008

EXPO FRED FOREST SECOND LIFE A LA GALERIE DEPARDIEU NICE

Voir la vidéo : https://www.dailymotion.com/video/x4jxl1

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2008

CENTRE EXPERIMENTAL DU TERRITOIRE ET LABORATOIRE SL

Centre expérimental du Territoire et Labo social
2008
Centre expérimental du Territoire et Labo social
Centre expérimental du Territoire et Labo social - Second Life Fred Forest
2008
Centre expérimental du Territoire et Labo social - Second Life Fred Forest
Territoire du m2 - retransmission du 28 février 2008
2008
Territoire du m2 - retransmission du 28 février 2008
Le Territoire du mètre carré aujourd'hui tokénisé répond à l'idée de la Blokchain (Subtitled in English)
2008
Le Territoire du mètre carré aujourd'hui tokénisé répond à l'idée de la Blokchain (Subtitled in English)
Experimental Territory Center & Social Laboratory
2008
Experimental Territory Center & Social Laboratory
EXPO FRED FOREST SECOND LIFE A LA GALERIE DEPARDIEU NICE
2008
EXPO FRED FOREST SECOND LIFE A LA GALERIE DEPARDIEU NICE
CENTRE EXPERIMENTAL DU TERRITOIRE ET LABORATOIRE SL
2008
CENTRE EXPERIMENTAL DU TERRITOIRE ET LABORATOIRE SL

2008 CENTRE EXPERIMENTAL DU TERRITOIRE TOKENISE ET LABORATOIRE SOCIAL SUR SECOND LIFE

PROMENADE DES ANGLAIS, NICE, FRANCE
Ouverture/ Vernissage le 28 février 2008 à 18h00

A la Galerie Christian Depardieu Nice et sur Second Life

Une semaine avant les élections municipales, Fred Forest, lance son projet de laboratoire d'idées pour le futur. Premier thème traité à cette occasion dans une approche esthétique, éthique, philosophique et sociale : "LE DEVELOPPEMENT DURABLE".

CONCEPT :

Sous forme d'un modèle de simulation, faisant appel à l'imagination collective, Fred Forest poursuit son projet du Territoire du m2 carré artistique :

FONCTIONNEMENT :

Des personnalités politiques sont invitées à venir s'exprimer et débattre dans cet espace sur ce thème, tel qu'il apparaît dans leur propre programme électoral (le calendrier de ces interventions fera l'objet d'un communiqué ultérieur. Les journalistes devront demander une accréditation pour que leur avatar puisse y assister en temps réel). En dehors des interventions des personnalités politiques, la visite du Centre expérimental du Territoire et laboratoire social est libre (voir les modalités pratiques d'accès ci-dessous)

Au fil du temps, après les élections, le Centre Expérimental du Territoire mettra en chantier d'autres thèmes de débat constituant une forme de brainstorming à l'échelle de la planète par recours aux ressources informatiques, mettant en œuvre la carte d'authentification capucine.net

AUTORITE MORALE :

La réflexion est placée sous la haute autorité et sagesse du philosophe Platon, dont les ombres de la caverne (en fait objets et entités mathématiques) toujours présentes dans la salle du débat ne devraient pas, au contraire, empêcher sa clarté et son authenticité

PARTICIPATION :

Les internautes visiteurs du Centre auront la possibilité de s'approprier de parcelles interactives du Territoire, visualisées au sol, pour faire passer leur propre message, sous forme d'une page URL, traitant du problème débattu. Cette page sera archivée dans une banque de données. Elle remplira une des parcelles libres du Territoire. Les internautes sont invités à communiquer leur URL à l'adresse suivante : territoire@capucine.net Seules les réponses traitant du sujet seront installées sur une des parcelles disponibles.

Le quadrilatère rose, au centre du Territoire, constitué de parcelles actives, représente la matrice historique originelle du Territoire matrice de Fred Forest.

PARTENAIRES INTERNATIONAUX DU PROJET :

  • LE LABORATOIRE DES ARTS DE TORONTO : CANADA
  • LA SLOUGHT FOUNDATION DE PHILADELPHIE : ETATS-UNIS
  • LE MUSEE D'ART CONTEMPORAIN DE SAO PAULO : BRESIL
  • L'ACADEMIE LIBANAISE DES BEAUX ARTS : LIBAN
  • L'UNVERSITE DE SALERNE : ITALIE
  • LEGROUPE AMI : FRANCE
  • ASSOCIATION CAPUCINE : FRANCE
  • GALERIE 10m2 SARAJEVO : BOSNIE
  • FONDATION ITAU CULTURAL SAO PAULO : BRESIL

MODALITES DE PARTICIPATION ET CONDITIONS DE SEJOUR :

Le Centre expérimental du Territoire et laboratoire social met à la disposition des avatars intéressés, pour un séjour gratuit d'une semaine à Nice dans un hôtel de grand luxe, construit en retrait de la Promenade des anglais (à cause de la pollution) des niches de repos nocturnes. Cette formule satisfera les plus exigeants. Il est vivement conseillé de se munir d'un sac de couchage et d'un maillot de bain, la plage publique, comme vous le constaterez, étant, sous les palmiers, à quelques mètres des bâtiments du Centre Expérimental du Territoire.

POURQUOI LA VILLE DE NICE A DONC A ETE CHOISIE POUR LA CREATION DU "CENTRE DE RECHERCHE AVANCEE DU TERRITOIRE", IMPLANTE SUR LA PROMENADE DES ANGLAIS ?

Les raisons qui ont prévalu à ce choix s'appuient sur trois arguments déterminants :

  1. La dimension cosmopolite et l'image mondialement reconnue d'une ville qui doit, après cette endormie des décennies, redevenir, comme ce fut le cas dans les années 40 à 70 : la ville d'un certain bonheur et de la création artistique, avec, notamment, la présence de Matisse, l'émergence de l'Ecole de Nice et des Nouveaux Réalistes, Yves Klein, Arman et le groupe support/surface
  2. La nécessité de voir, aujourd'hui, cette ville-musée, comme pétrifiée dans son passé prestigieux, reprendre le flambeau d'un art de la modernité avec la montée en force des jeunes générations, et la mise à disposition des artistes ; des infrastructures de Sophia-Antipolis pour le numérique
  3. Un choix délibéré de Fred Forest, créateur du "Centre expérimental du Territoire" qui a été, en pionnier absolu, dès 1994, l'universitaire et artiste français à créer à Nice un séminaire, public de renommée européenne, dédié à tout ce qui touche aux arts, relevant des technologies de communication : Internet, le numérique et la réalité virtuelle. Un séminaire d'accès libre, dans l'auditorium du MAMAC et le cadre institutionnel de l'université. Un séminaire qui affirmait pour slogan : le savoir de l'université et de l'art au service du citoyen. Un séminaire qui, durant sept années consécutives, a fonctionné, sans budget, ni de l'université, ni de la municipalité. Ce qui montre bien deux choses :
    -Le retard des mentalités et la difficulté de nos institutions à s'adapter au changement et à l'innovation. Il faut donc maintenant rattraper le temps perdu
    -Que ce n'est pas l'argent qui est le seul moteur des résultats acquis, mais l'énergie, `la motivation et le travail. Il n'en faut pas moins aider les arts émergents si la France ne veut pas se contenter de briller à l'étranger qu'en matière de lanterne rouge.
  4. Enfin, la vitrine de Nice c'est aussi au niveau mondial ; l'image mythique de la Promenade des anglais. Il serait absurde de négliger ce patrimoine touristique, culturel et historique. Le "Centre expérimental du Territoire et laboratoire social", avec son look high-tech, ouvert sur l'espace de l'union de la Méditerranée, cher au Président de la République, va contribuer à lui redonner le lustre qu'elle mérite, après des années d'obsolescence.

CONTACT :

WNM 33 (0) 1 45 83 00 09
Galerie Christian Depardieu Nice 33 (0) 4 97 12 12 97
press@webnetmueum.org
http://www.webnetmuseum.org

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SHADOWS AND VIRTUAL WORLD UNE EXPOSITION DE FRED FOREST A LA GALERIE CHRISTIAN DEPARDIEU DE NICE, EN AVANT PREMIERE DES ELECTIONS MUNICIPALES (28 février/7mars 2008) par Paul Verdon

À cette occasion l'artiste lance sur la Promenade des anglais le premier " Centre expérimental et laboratoire social du Territoire", une création inédite sur Second Live, dont la thématique développée pour cette première session sera consacrée au développement durable.

L'allégorie de la caverne de Platon que Fred Forest met en scène à la Galerie Christian Depardieu de Nice, avant les élections municipales, s'inscrit bien dans la démarche critique que l'art sociologique, développé depuis son émergence et sa théorisation dans les années 70. Sans que jamais le nom d'art sociologique curieusement ne soit cité, on a pu constater, que bon nombre d'artistes et de critiques, appartenant aux plus jeunes générations, se sont largement inspirés de ses préceptes. Des artistes comme Sophie Calle ou comme Thomas Hischorn, et bien d'autres encore, dans la mouvance de l'art contextuel, font de l'art sociologique un peu comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, c'est-à-dire sans le savoir. L'histoire fera le tri. Le laboratoire qu'a constitué, un temps, le Palais Tokyo, sous la direction de Nicolas Bourriaud, avec l'art relationnel, en illustre le parfait exemple. Cela tient au fait que l'art sociologique a toujours affirmé son indépendance critique face au marché et aux institutions d'une façon radicale. Les pratiques qui suivront même si elles conservent le côté dialogique, participatif et mise en scène du quotidien, ont perdu en cours de route l'approche sociocritique et politique, pour ne devenir que des produits banalisés relevant de ce que l'on appelle aujourd'hui, communément, des industries culturelles.

Située au cœur d'un des dialogues les plus importants de Platon, dans La République, l'allégorie de la caverne expose sa théorie de l'acquisition des connaissances. Platon montre que la connaissance des choses nécessite un travail et des efforts pour apprendre et comprendre.

Il en vient à démontrer que les dirigeants de la cité doivent être " formés " pour ne venir au pouvoir que par nécessité, et non pour l'attrait que peut représenter l'exercice de l'autorité : il ne faut pas que les amoureux du pouvoir lui fassent la cour, autrement, il y aura des luttes entre prétendants rivaux.

La question est de savoir si la maturité politique est telle aujourd'hui que l'idée d'ouverture puisse se généraliser en fédérant des énergies, des volontés, des intelligences, dans l'intérêt de tous, se substituant à la pratique antérieure, traditionnelle et primaire, de l'affrontement.

Fred Forest qui a une longue expérience personnelle de cette belle ville de Nice, dont il a été professeur de son université dans les domaines les plus pointues, possède une connaissance approfondie de ses problèmes actuels. Il en a subi, lui-même, la dérisoire censure par l'interdiction qui a frappé son exposition de 2005, et l'exclusion de la Galerie Christian Depardieu de la nuit des galeries. Or voici qu'il récidive avec une nouvelle exposition juste avant les municipales. Le hasard fait bien les choses quelques fois. Eclectique dans ses choix, comme on le connaît, il s'appuie, cette fois-ci-ci, non pas sur l'évangiles comme avec son "Chemin de croix" réalisé en octobre 2005, mais sur l'allégorie de la caverne de Platon. Il prend pour référence le livre, " La République ", qui, en quelque sorte, définit la responsabilité du politique dans la cité. Il fait du développement durable son cheval de bataille. Il estime qu'au moment où le monde et l'humanité est soumise à de graves problèmes, mettant en question son devenir, la responsabilité du politique, mais celle aussi de l'artiste et du citoyen devient majeure. Il espère que cette caverne, dans laquelle nous sommes tous maintenus en aliénés, verra sa voûte s'ouvrir, pour qu'au-dessus de nos têtes, brille un jour de ses mille éclats, une lumière qui nous baignera de sa félicité... Ce que met l'artiste en exergue dans cette action, c'est qu'au-delà de Nice et de ses querelles de clocher, le monde et l'humanité sont aujourd'hui en danger. Des menaces très réelles hypothèques son avenir : pollutions diverses, réchauffement de la planète, émissions de CO2, gaspillage des ressources, surconsommation, extinction des espèces naturelles, démographies non maîtrisées, famines, violences, terrorisme etc...

Les personnalités politiques qui briguent aujourd'hui les suffrages des municipales, comme le préconise Platon, lui-même doivent par un effort de "conscience " et de " connaissance", se positionner, comme les représentants des citoyens, pour affronter et prendre à bras le corps l'avenir de notre futur et, surtout, celui de nos enfants. Il est temps qu'aux comportements politiciens que cette ville de Nice a trop longtemps connu, se substitue dans la sagesse, la concertation et l'ouverture, ce qu'on pourrait nommer l'écologie de l'esprit.

Cette exposition de Fred Forest constituera certes un événement international par l'utilisation originale qu'il fait de Seconde Life (SL) mais, également, par ses partenaires qui sont en l'occurrence : le " Laboratoire des Arts de Toronto ", la " Slought Foundation de Philadelphie ", le " Musée d'Art Contemporain de Sao Paulo " et l'Académie des beaux-arts de Beyrouth

Galerie Christian Depardieu, 64 bd Risso, BP 4169, 06303 Nice
Tel : 04 97 12 12 97
galerie.depardieu@wanadoo.fr

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http://www.fredforest.org/territories/fr/restany.html

LE TERRITOIRE DU M2 ARTISTIQUE
par PIERRE RESTANY

Passer du concept de m2 ARTISTIQUE au concept du TERRITOIRE du m2 ARTISTIQUE, ce n'est pas seulement opérer une extension dans l'espace, c'est-à-dire un développement quantitatif de la notion, c'est introduire une complexité considérable, en tous cas extrêmement significatifs dans ses éléments et ses paramètres.

Quand FRED FOREST a défini le m2 ARTISTIQUE, il l'a défini dans l'abstrait à partir d'une volonté méthodologique, qui constituait sa participation à l'art sociologique. Comment à partir d'un concept abstrait, peut-on arriver à une notion tangible ? En jouant justement sur les possibilités de dimension, les possibilités de coloration que peut prendre le concept abstrait lorsqu'il est défini par rapport à des termes concrets.

Le m2 ARTISTIQUE, c'était le m2 de la toile, donc, de l'objet d'art. C'était, en effet aussi, tout simplement, le "non art" par rapport à cet art. A partir du moment où l'on jouait sur ce genre de coloration du concept au niveau abstrait, on a pu arriver à toute une méthodologie de l'action qui a été celle de FRED FOREST dans le m2 ARTISTIQUE.

Passer du concept de m2 à celui de TERRITOIRE cela implique des servitudes de départ, qui sont réelles, concrètes, qui ne sont plus un jeu sur les mots, mais qui sont le passage d'une abstraction théorique et une pratique engagée. Je pense que c'est là que se situe véritablement la charnière de l'opération dans la logique de sa continuité. Le TERRITOIRE du m2 ARTISTIQUE implique l'insertion de ce concept de base dans un cadre extrêmement complexe ; celui de la vie à la surface de notre planète. La surface étant conçue comme le moyen terme, c'est-à-dire le niveau intermédiaire entre la vie souterraine, la vie en infrastructure et la vie en superstructure.

A partir du moment où le territoire est conçu comme une occupation, comme un projet d'aménagement d'une réalité tangible, il évoque évidemment tous les problèmes que peuvent susciter ce genre de réalité. A la limite, on pourrait dire que le TERRITOIRE du m2 ARTISTIQUE se présente comme la volonté extrême d'une théorie et d'une mise en pratique d'aménagement du territoire. Il est certain que le "TERRITOIRE du m2 ARTISTIQUE" est un TERRITOIRE "SPECIAL". Il a toutes les servitudes de n'importe quel territoire, mais il a, en plus, des "ambitions" et une finalité qui détermine toutes les autres, et devient, en quelque sorte, le lien commun à toutes les servitudes pratiques. D'abord, il faut trouver un territoire. Il faut l'organiser comme on organise une concession. Il faut, ensuite, le diviser en parcelles suffisamment flexibles pour qu'elles puissent trouver des acquéreurs. Il faut ensuite intéresser ces acquéreurs à la vie du territoire. Pour tout cela, il faut créer une administration, et cette administration doit organiser la vie sur le territoire, non seulement au niveau de l'aménagement physique, mais aussi de l'aménagement moral. Finalement, le TERRITOIRE du m2 ARTISTIQUE a acquis une réalité physique et, dès lors, il suit le destin de toutes les parcelles spécialisées.

Nous avions parlé, à un moment, de "cimetière des vivants" et il est bien certain qu'il y a dans cette idée de concession à perpétuité une analogie frappante avec le TERRITOIRE, une analogie même très dynamique. Autre analogie, celle du "zoo". Par rapport à un jardin zoologique, le m2 ARTISTIQUE peut être considéré comme un jardin anthropologique. Quelle est la différence entre un jardin zoologique et un jardin anthropologique ? Le jardin anthropologique mobilise sur un espace volontairement réduit et sur lequel le propriétaire a tout pouvoir, toutes les motivations de l'individu à partir du moment où il joue le jeu, à partir du moment où il se sent concerné par ce genre d'occupation du territoire. Je pense que le m2 ARTISTIQUE est en même temps une sorte de pile, une sorte d'aimant mobilisateur des énergies dans le sens de la communication, dans le sens de la coopération, dans le sens de l'échange. Mais aussi dans le sens de l'auto-réalisation.

Dans le sens de l'épanouissement individuel. C'est cette dimension qui est la plus spirituellement dynamisante et stimulante et c'est celle qui sera sans doute, la motivation principale de la participation du public. Celle sur laquelle il faut jouer de la façon la plus directe. Il est bien certain que, dans la mesure où chaque parcelle du territoire occupe un espace précis, est achetée et a une certaine valeur, elle crée un rapport, non seulement mercantile, mais aussi, un rapport d'intérêt intellectuel et affectif entre le concessionnaire et sa concession. on ne peut pas éviter ce genre de rapport sans parler de spéculation sur les terrains, car à ce niveau-là, la spéculation devient purement abstraite.

On passe de la spéculation mercantile à la spéculation abstraite par la force des choses. Au-delà même du rapport concessionnaire/concession, il existe encore une marge et cette marge, c'est la liberté de l'occupant. Cette liberté de l'occupant se traduit par les possibilités les plus folles à envisager ; en ce sens, l'administration du territoire aura des responsabilités et des problèmes imprévisibles et à la limite peut-être, impossibles à résoudre. Il y a là aussi, dans ce projet de territoire dont les bases de départ sont très rigoureuses et tangibles, une évasion vers l'inconnu. L'administration du territoire est une administration de gestion, mais si elle peut, à la rigueur, quand il le faut, dynamiser la vie du territoire, elle ne peut en bloquer, censurer ou intervenir sur les initiatives spontanées de la part des concessionnaires des différentes parcelles.

Voilà l'ouverture vers l'imprévu, vers la spontanéité, vers la poésie de la vie des êtres en commun, ou simplement de la vie des êtres tout court. Deux dimensions coexistent dans cette idée du TERRITOIRE du m2 ARTISTIQUE : à la fois une dimension de "contraction qui est celle de la concession géométrique le m2 ou les multiples du m2 et une dimension "d'expansion". Dimension de la plénitude, du degré optimum de liberté que l'on peut exercer sur un aussi petit territoire, phénomène qui peut être considéré comme un phénomène respiratoire, c'est-à-dire comme un phénomène d'inhalation et d'exaltation. C'est l'image même de la vie qui est reflétée dans une certaine mesure par le miroir d'un musée d'anthropologie.

Plus j'y réfléchis, plus je pense que la vie est un cycle. Nous avons parfois peur des mots et c'est pour cela que nous hésitons à employer vis-à-vis d'un tel système de concession, de gestion et d'administration le terme de cimetière. C'est pourtant bien ce qu'évoque ce genre de structure, mais c'est, en même temps, l'expression la plus évidente d'une revanche de la vie sur la mort.

Ce qui pourrait paraître au départ comme la structure cadastrale d'un cimetière, finit par s'épanouir dans un jardin vivant. Le jardin vivant, c'est justement notre jardin anthropologique. C'est un jardin d'anthropologie dans la mesure même où les hommes qui entrent dans ce zoo, y entrent volontairement et non parce qu’ils y sont forcés ou capturés comme des singes. Ils y entrent parce qu’ils veulent réfléchir sur leur propre condition d'homme.

C'est en quelque sorte, un jardin de méditation au niveau de l'anthropologie moderne, une méditation libérée des rites philosophiques qui généralement l'accompagnent. Tout le monde est libre de voir dans le mètre carré artistique l'espace Zen d'une méditation sur le territoire. Ce panorama discursif sur le territoire est loin d'être exhaustif, mais il est suffisamment large dans ses ouvertures pour nous faire comprendre combien et comment avec cet impact, au-delà du concept artistique et philosophique qui a été l'objet de la démarche sociologique de FRED FOREST au départ, nous entrons désormais dans le vif du sujet : la réalité même du tissu humain collé à la surface de la terre. Cette rencontre avec le réel s'identifie au retour de l'humain à la terre. Le grand enjeu de l'opération m2 ARTISTIQUE réside dans cette occupation du territoire sur le plan humain. Plus encore que l'aménagement du territoire, il s'agit de créer au niveau du m2 artistique, une occupation humaine, une occupation affective, spirituelle, et je crois que toutes les données sont intégrées et présentes dans le projet de FRED FOREST. Nous avons avec lui, la possibilité de tenter une grande aventure. Une aventure humaine à partir de bases tangibles, d'autant plus tangibles, qu'elles sont à la portée de nos mains, à notre mesure ; il s'agit d'un m2 ARTISTIQUE, et, un m2 reste toujours un m2, même s’il est multiplié par deux ou par vingt, c'est-à-dire un espace et une unité de mesure à l'immédiate portée de l'homme. Je pense que la référence à ce rapport de proportions en conclusion de mon discours, ne correspond pas à une réserve ou a un rétrécissement de ma pensée mais exprime au contraire un cri d'espoir.

C'est dans la mesure où le m2 ARTISTIQUE est lié à sa dimension humaine et aux motivations réflexes correspondantes de possession, d'appropriation, de compréhension, que l’opération territoire a un sens, une vie et un futur.

CONTACT

WNM 33 (0) 1 45 83 00 09
Galerie Christian Depardieu Nice 33 (0) 4 97 12 12 97
press@webnetmueum.org
http://www.webnetmuseum.org

LE TERRITOIRE DU M2 ARTISTIQUE par PIERRE RESTANY

Passer du concept de m2 ARTISTIQUE au concept du TERRITOIRE du m2 ARTISTIQUE, ce n'est pas seulement opérer une extension dans l'espace, c'est-à-dire un développement quantitatif de la notion, c'est introduire une complexité considérable, en tous cas extrêmement significatifs dans ses éléments et ses paramètres.

Quand FRED FOREST a défini le m2 ARTISTIQUE, il l'a défini dans l'abstrait à partir d'une volonté méthodologique, qui constituait sa participation à l'art sociologique. Comment à partir d'un concept abstrait, peut-on arriver à une notion tangible ? En jouant justement sur les possibilités de dimension, les possibilités de coloration que peut prendre le concept abstrait lorsqu'il est défini par rapport à des termes concrets.

Le m2 ARTISTIQUE, c'était le m2 de la toile, donc, de l'objet d'art. C'était, en effet aussi, tout simplement, le "non art" par rapport à cet art. A partir du moment où l'on jouait sur ce genre de coloration du concept au niveau abstrait, on a pu arriver à toute une méthodologie de l'action qui a été celle de FRED FOREST dans le m2 ARTISTIQUE.

Passer du concept de m2 à celui de TERRITOIRE cela implique des servitudes de départ, qui sont réelles, concrètes, qui ne sont plus un jeu sur les mots, mais qui sont le passage d'une abstraction théorique et une pratique engagée. Je pense que c'est là que se situe véritablement la charnière de l'opération dans la logique de sa continuité. Le TERRITOIRE du m2 ARTISTIQUE implique l'insertion de ce concept de base dans un cadre extrêmes complexe ; celui de la vie à la surface de notre planète. La surface étant conçue comme le moyen terme, c'est-à-dire le niveau intermédiaire entre la vie souterraine, la vie en infrastructure et la vie en super-structure.

A partir du moment où le territoire est conçu comme une occupation, comme un projet d'aménagement d'une réalité tangible, il évoque évidemment tous les problèmes que peuvent susciter ce genre de réalité. A la limite, on pourrait dire que le TERRITOIRE du m2 ARTISTIQUE se présente comme la volonté extrême d'une théorie et d'une mise en pratique d'aménagement du territoire. Il est certain que le "TERRITOIRE du m2 ARTISTIQUE" est un TERRITOIRE "SPECIAL". Il a toutes les servitudes de n'importe quel territoire, mais il a, en plus, des "ambitions" et une finalité qui détermine toutes les autres, et devient, en quelque sorte, le lien commun à toutes les servitudes pratiques. D'abord, il faut trouver un territoire. Il faut l'organiser comme on organise une concession. Il faut, ensuite, le diviser en parcelles suffisamment flexibles pour qu'elles puissent trouver des acquéreurs. Il faut ensuite intéresser ces acquéreurs à la vie du territoire. Pour tout cela, il faut créer une administration, et cette administration doit organiser la vie sur le territoire, non seulement au niveau de l'aménagement physique, mais aussi de l'aménagement moral. Finalement, le TERRITOIRE du m2 ARTISTIQUE a acquis une réalité physique et, dès lors, il suit le destin de toutes les parcelles spécialisées.

Nous avions parlé, à un moment, de "cimetière des vivants" et il est bien certain qu'il y a dans cette idée de concession à perpétuité une analogie frappante avec le TERRITOIRE, une analogie même très dynamique. Autre analogie, celle du "zoo". Par rapport à un jardin zoologique, le m2 ARTISTIQUE peut être considéré comme un jardin anthropologique. Quelle est la différence entre un jardin zoologique et un jardin anthropologique ? Le jardin anthropologique mobilise sur un espace volontairement réduit et sur lequel le propriétaire a tout pouvoir, toutes les motivations de l'individu à partir du moment où il joue le jeu, à partir du moment où il se sent concerné par ce genre d'occupation du territoire. Je pense que le m2 ARTISTIQUE est en même temps une sorte de pile, une sorte d'aimant mobilisateur des énergies dans le sens de la communication, dans le sens de la coopération, dans le sens de l'échange. Mais aussi dans le sens de l'auto-réalisation.
Dans le sens de l'épanouissement individuel. C'est cette dimension qui est la plus spirituellement dynamisante et stimulante et c'est celle qui sera sans doute, la motivation principale de la participation du public. Celle sur laquelle il faut jouer de la façon la plus directe. Il est bien certain que, dans la mesure où chaque parcelle du territoire occupe un espace précis, est achetée et a une certaine valeur, elle crée un rapport, non seulement mercantile, mais aussi, un rapport d'intérêt intellectuel et affectif entre le concessionnaire et sa concession. On ne peut pas éviter ce genre de rapport sans parler de spéculation sur les terrains, car à ce niveau-là, la spéculation devient purement abstraite.

On passe de la spéculation mercantile à la spéculation abstraite par la force des choses. Au-delà même du rapport concessionnaire/concession, il existe encore une marge et cette marge, c'est la liberté de l'occupant. Cette liberté de l'occupant se traduit par les possibilités les plus folles à envisager ; en ce sens, l'administration du territoire aura des responsabilités et des problèmes imprévisibles et à la limite peut-être, impossibles à résoudre. Il y a là aussi, dans ce projet de territoire dont les bases de départ sont très rigoureuses et tangibles, une évasion vers l'inconnu. L'administration du territoire est une administration de gestion, mais si elle peut, à la rigueur, quand il le faut, dynamiser la vie du territoire, elle ne peut en bloquer, censurer ou intervenir sur les initiatives spontanées de la part des concessionnaires des différentes parcelles.

Voilà l'ouverture vers l'imprévu, vers la spontanéité, vers la poésie de la vie des êtres en commun, ou simplement de la vie des êtres tout court. Deux dimensions coexistent dans cette idée du TERRITOIRE du m2 ARTISTIQUE : à la fois une dimension de "contraction qui est celle de la concession géométrique le m2 ou les multiples du m2 et une dimension "d'expansion". Dimension de la plénitude, du degré optimum de liberté que l'on peut exercer sur un aussi petit territoire, phénomène qui peut être considéré comme un phénomène respiratoire, c'est-à-dire comme un phénomène d'inhalation et d'exaltation. C'est l'image même de la vie qui est reflétée dans une certaine mesure par le miroir d'un musée d'anthropologie.

Plus j'y réfléchis, plus je pense que la vie est un cycle. Nous avons parfois peur des mots et c'est pour cela que nous hésitons à employer vis-à-vis d'un tel système de concession, de gestion et d'administration le terme de cimetière. C'est pourtant bien ce qu'évoque ce genre de structure, mais c'est, en même temps, l'expression la plus évidente d'une revanche de la vie sur la mort.

Ce qui pourrait paraître au départ comme la structure cadastrale d'un cimetière, finit par s'épanouir dans un jardin vivant. Le jardin vivant, c'est justement notre jardin anthropologique. C'est un jardin d'anthropologie dans la mesure même où les hommes qui entrent dans ce zoo, y entrent volontairement et non parce qu’ ils y sont forcés ou capturés comme des singes. Ils y entrent parce qu’ils veulent réfléchir sur leur propre condition d'homme.
C'est en quelque sorte, un jardin de méditation au niveau de l'anthropologie moderne, une méditation libérée des rites philosophiques qui généralement l'accompagnent. Tout le monde est libre de voir dans le mètre carré artistique l'espace Zen d'une méditation sur le territoire. Ce panorama discursif sur le territoire est loin d'être exhaustif, mais il est suffisamment large dans ses ouvertures pour nous faire comprendre combien et comment avec cet impact, au-delà du concept artistique et philosophique qui a été l'objet de la démarche sociologique de FRED FOREST au départ, nous entrons désormais dans le vif du sujet : la réalité même du tissu humain collé à la surface de la terre. Cette rencontre avec le réel s'identifie au retour de l'humain à la terre. Le grand enjeu de l'opération m2 ARTISTIQUE réside dans cette occupation du territoire sur le plan humain. Plus encore que l'aménagement du territoire, il s'agit de créer au niveau du m2 artistique, une occupation humaine, une occupation affective, spirituelle, et je crois que toutes les données sont intégrées et présentes dans le projet de FRED FOREST. Nous avons avec lui, la possibilité de tenter une grande aventure. Une aventure humaine à partir de bases tangibles, d'autant plus tangibles, qu'elles sont à la portée de nos mains, à notre mesure ; il s'agit d'un m2 ARTISTIQUE, et, un m2 reste toujours un m2, même s’il est multiplié par deux ou par vingt, c'est-à-dire un espace et une unité de mesure à l'immédiate portée de l'homme. Je pense que la référence à ce rapport de proportions en conclusion de mon discours, ne correspond pas à une réserve ou a un rétrécissement de ma pensée mais exprime au contraire un cri d'espoir.

C'est dans la mesure où le m2 ARTISTIQUE est lié à sa dimension humaine et aux motivations réflexes correspondantes de possession, d'appropriation, de compréhension, que l'opération territoire a un sens, une vie et un futur.

2008 E Morin FF
2008 E Morin FF

 

2008 Nice Matin
2008 Nice Matin

 

2008 Zero Hora Porto Alegre
2008 Zero Hora Porto Alegre

 

 

LONG BIOGRAPHY OF FRED FOREST

Fred Forest has a special place in contemporary art. Both by his personality and by his pioneering practices which mark his work. He is mainly known today for having used one by one most of the communication media that have appeared over the last fifty years. He is co-founder of three artistic movements: those of sociological art, the aesthetics of communication and ethics in art.

He represented France at the 12th São Paulo Biennale (Communication Prize) in 1973, at the 37th Venice Biennale in 1976 and at Documenta 6 in Kassel in 1977.

EXHIBITION AT THE CENTRE POMPIDOU FROM JANUARY 24 TO JULY 22, 2024

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